Nous le constatons année après année : les centres-villes se vident peu à peu de leurs commerces, suite à de multiples raisons évoquées dans un de nos précédents articles. Comment réinventer le commerce en centre-ville et comment redéfinir son rôle ? Voici nos pistes

Mulhouse, France : une ancienne cité industrielle qui présentait tous les stigmates post-industriels de bon nombre de nos villes wallonnes. Mulhouse est parvenue aujourd’hui à restaurer son dynamisme commercial, avec 400 commerces ouverts depuis 2011 (dont 75 % d’indépendants) pour 200 fermetures, soit une réduction de près de la moitié des cellules vides.

 

Comment cela a-t-il été possible ? Par des investissements massifs ou des politiques ultra-favorables au commerce ? En réalité, les décideurs locaux ont adopté une approche beaucoup plus systémique. Ils ont choisi d’investir à la fois dans la fonction commerciale, mais aussi dans le logement, l’aménagement de l’espace public, l’accessibilité, le tourisme, l’atmosphère générale, …. Le but n’était pas uniquement de redynamiser le commerce, mais de redonner aussi aux gens l’envie d’habiter en centre-ville, y compris les classes moyennes. Les premiers clients des commerces urbains étant bien évidemment les habitants locaux.

Le commerce n’a donc pas été considéré comme une problématique séparée, mais comme une composante d’un écosystème, le Territoire.

 

Voici les leçons que nous pouvons tirer de cette approche pour revitaliser nos centres-villes.

 

1) Un retour à des commerces plus concentrés

 

Nous pensons que l’avenir du commerce wallon passera par une reconcentration commerciale. En effet, dans certains centres-villes, la dispersion commerciale est importante, avec jusqu’à 30 % de commerces éparpillés en dehors de rues commerçantes. Or, la plupart des consommateurs ne sont plus disposés à courir à gauche à droite pour effectuer leurs différentes courses. Ils veulent tout trouver rapidement, au même endroit. C’est d’ailleurs ce qui a fait le succès des centres commerciaux (qu’ils soient localisés en centre-ville ou en périphérie).

 

2) Un remembrement des surfaces commerciales

 

Le consommateur exige aussi des espaces commerciaux offrant une meilleure expérience, plus de convivialité et un choix aussi large que possible. Un besoin qui requiert l’implantation de commerces plus grands et donc la création de cellules commerciales plus spacieuses. Cela passera, d’après nous, par un remembrement des espaces disponibles.

 

3) Des pôles plus mixtes et multifonctionnels

 

Redynamiser le commerce wallon, cela passera aussi par une requalification des pôles existants. L’exemple du projet Place Richelle, à Waterloo, en est à nos yeux une parfaite illustration. À l’origine, ce site était situé en périphérie urbaine et proposait une offre commerciale qui correspondait à cette situation et aux besoins de l’époque. Or, avec le temps et l’extension de la ville, le site a été progressivement intégré dans le noyau commercial du centre-ville. Cette évolution, couplée à l’obsolescence des bâtiments et des équipements, ne rendait plus ce site aussi attractif.

 

Le site est aujourd’hui sur le point d’être complètement rénové, avec à la base une redéfinition complète de ses fonctions commerciales et autres :

  • Les ‘boites à chaussures’ actuelles feront place à une architecture beaucoup plus durable et mieux intégrée au tissu urbain.
  • Le site se veut davantage agencé comme une ‘place de village’ conviviale, avec l’aménagement de promenades et de placettes pour les piétons, de pistes cyclables, d’espace de détente et de terrasses pour l’horeca (hôtels, restaurants, cafés).
  • L’accent sera mis sur la mixité commerciale, avec une offre complémentaire à celle du centre-ville.
  • Enfin, cette mixité sera prolongée dans la fonction même du site, puisqu’il ne sera plus exclusivement commercial, mais également résidentiel, avec la construction de 40 unités de logement.

Un bel exemple de requalification d’un site vieillissant.

 

4) Revaloriser l’interaction consommateur/personnel de vente

 

Last but not least… Il est certes indispensable d’investir dans les équipements et structures commerciaux pour leur réinsuffler une dynamique et une identité forte ces investissements bénéficiant également à nos centres-villes, par la même occasion. Mais à l’ère de l’e-commerce, nous sommes convaincus que le relationnel (re)deviendra LE facteur différenciant pour le commerce offline. Il est donc temps aussi de remettre l’accent sur l’interaction entre le consommateur et le personnel de vente. Car le cœur du commerce reste l’Humain !