L’évolution de nos modes de consommation a du bon. Nous retournons à une alimentation plus saine, en privilégiant les produits du terroir, locaux, bio… Comment cette tendance ‘healthy’ est-elle conciliable avec l’essor incessant du fast-food ? Nous vous l’expliquons ici.

Les pionniers du fast-food : burgers & nuggets

Le fast-food, beaucoup l’associent encore aux seuls restaurants de burgers et de nuggets. Voilà plus de 40 ans que les premiers ont été importés depuis les États-Unis. Un point sur ces pionniers :

 

  • Quick
    • Premier restaurant de burgers en Belgique, ouvert en 1971 (premier Quick en France : 1980).
    • Marque rachetée par Burger King il y a quelques années. A priori, tous les Quick en France seront transformés en Burger King, tandis que les quelque 90 Quick en Belgique garderont leur identité initiale.
  • McDonalds
    • Premier McDonalds en France : 1972 (Belgique : 1978).
    • 85 restaurants en Belgique et… plus de 1.400 en France.
  • Burger King
    • Premier Burger King en France : 1980. La Belgique et le Luxembourg n’ont suivi que bien plus tard, avec l’ouverture de la toute première enseigne en 2017.
    • Un an plus tard, Burger King comptait déjà 14 restaurants en Belgique, et affirmait vouloir en ouvrir 70 de plus d’ici à 2022.
  • KFC
    • France : ouverture de la première enseigne en 1991. Une nouvelle fois, le Luxembourg et la Belgique ne sont investis que beaucoup plus tard. Le premier KFC luxembourgeois a ouvert en 2018, et la Belgique a suivi en 2019.

Nous sommes convaincus que le marché du fast-food ‘classique’ va vivre encore une belle croissance chez nous. En effet, nous voyons que les enseignes existantes poursuivent leur expansion, tandis que les nouvelles remportent un franc succès dès leur arrivée. Les jours d’ouverture des premiers Burger King et KFC en Belgique avaient d’ailleurs fait l’objet d’un véritable raz-de-marée de curieux.

 

Quand l’offre fast-food se diversifie

Mais le maintien de ces pionniers et l’arrivée de nouvelles enseignes ne suffit pas à expliquer le poids que pèse le fast-food aujourd’hui. Rien qu’en France, on comptait en 2018 pas moins de 32.000 restaurants rapides. Or, parmi ces établissements, seuls 6.000 étaient des restaurants de burgers. Non que ceux-ci aient moins la cote ; c’est l’offre en restaurants rapides qui s’est diversifiée. On est toujours plus pressés, mais on veut de la variété dans son lunch rapide.

 

Fast-good & fast-casual

Pour répondre à la demande d’une clientèle qui veut manger vite mais bien, de nouvelles chaînes de restauration rapide ont vu le jour dès le début des années 2000. Face aux burgers, pizzas et frites s’est développée une offre de salades de pâtes, sushis, sandwichs équilibrés et autres wraps et buddha bowls. On peut parler d’une restauration rapide ‘haut de gamme’, plus saine et souvent plus sophistiquée aussi. Parfois même bio, locale et de saison.

C’est ce qu’on appelle le fast-good, ou encore fast-casual. La mode des food trucks s’inscrit également dans cette tendance. La créativité est de mise, et l’imagination des concepteurs ne semble pas avoir de limites, boostée par des choix alimentaires toujours plus exigeants (veggie ou même végan, sans gluten, sans lactose…) et la demande d’une clientèle aux papilles toujours plus curieuses. Qui, en échange, est prête à payer un prix supérieur aux fast-foods classiques.

Voici quelques fast-foods caractéristiques de cette nouvelle génération :

  • Exki : un des pionniers en Belgique (fondé en 2001). Depuis, la chaîne y compte des dizaines d’enseignes et s’est implantée avec succès dans plusieurs pays européens. La chaîne privilégie les légumes de saison et intègre beaucoup de bio à ses préparations. Elle s’investit contre le gaspillage alimentaire en redistribuant ses repas invendus.
  • Mersea (2 points de vente à Paris) : s’inspire du concept fish & chips pour offrir un ’fast-food de la mer’. Les recettes sont imaginées par un chef doublement étoilé au guide Michelin. Ou quand la gastronomie et le fast-food se rencontrent.
  • Shape’n Go : à Charleroi, ce nouveau concept se veut un fast-food pour les sportifs. Les clients auront la possibilité de personnaliser leurs repas en fonction de leurs besoins (en féculents, protéines, etc.).
  • Palika Poké (Paris) et Poki Poké (Bruxelles) : dans le registre exotique, ces enseignes surfent sur la vague des ‘bowls’ pour proposer des plats d’inspiration hawaïenne. Poissons d’origine durable, emballages recyclables… Comme dans beaucoup de restaurants fast-good, on y devance l’œil critique du consommateur en s’engageant dès le départ dans une voie écologique.
  • Crep’eat (Paris, Luxembourg) : c’est la version fast-food de la classique crêperie. Ici, on joue plutôt sur le retour à la tradition, en promettant une vraie crêpe à la bretonne au beurre salé, préparée devant le client. Ces préparations minute constituent d’ailleurs une autre tendance des restaurants rapides nouvelle génération.
  • Copper Branch : un bon exemple de fast-food qui répond à une demande de niche. Venu du Canada, il s’agit en effet d’un des premiers fast-foods entièrement végans. La première enseigne française a vu le jour en 2018, et une autre a ouvert à Bruxelles en 2019.

 

Une attention accrue pour l’environnement

On l’a vu : outre le focus sur l’aspect consommation ‘healthy’, la durabilité est assez ancrée dans les nouvelles enseignes de la restauration rapide. Traçabilité des produits, utilisation de circuits courts, et bien sûr, le mouvement ‘zéro déchet’ est passé par là aussi. Ces changements résultent d’une part de la pression des consommateurs, et d’autre part, de nouvelles législations qui se mettent en place. Et qui forcent l’ensemble du secteur à se bouger.

Un exemple ? Les pailles en plastique ! Plusieurs acteurs du fast-food ont devancé l’interdiction européenne de toute une série de produits en plastique à usage unique, qui entrera en vigueur en 2021. Même des chaînes de fast-food ‘classique’. McDonalds a ainsi été un des premiers à introduire des pailles biodégradables dans une partie de ses établissements, et a l’intention de passer à la vitesse supérieure : « D’ici la fin de l’année, 60 % du plastique de nos emballages aura disparu », annonçait Nawfal Trabelsi, le PDG de McDonald’s France, en avril 2019. La chaîne KFC a rapidement suivi le mouvement.

D’après nous, ces gestes ne sont pas à qualifier d’anodins, puisque les restaurants rapides représentent une masse immense de déchets. Rien qu’en Belgique, on considérait en 2018 que la consommation de pailles en plastique dans les fast-foods se chiffrait à plus d’un milliard 600 millions d’exemplaires.

 

Conclusion

Nous pensons qu’il reste encore de belles opportunités d’expansion pour le fast-food, ‘healthy’ ou non :

  • Les marchés belges et luxembourgeois ont été investis relativement tard par certaines marques, qui ont privilégié d’abord des marchés plus importants. Ce retard est en train d’être peu à peu rattrapé.
  • L’opinion du public vis-à-vis des fast-foods reste (très) favorable : en France, par exemple, un sondage de 2015 révélait que 84 % des gens avaient une opinion plutôt bonne, voire très bonne, de la restauration rapide.
  • Les pauses déjeuner ont tendance à se raccourcir, même en France, où les pauses midi ont toujours été traditionnellement les plus longues. L’intérêt pour des repas faciles et rapides ne risque donc pas de décroître.

Dès lors, il ne reste plus qu’à décider où s’installer, et avec quel concept. Les études de GeoConsulting permettent justement d’analyser les données de manière chiffrée, scientifique et cartographique, pour mieux appréhender ce marché en pleine expansion !